Le Muséum célèbre 400 ans de sciences et de nature

Rédigé le 11/09/2026
la rédaction SIGMAG & SIGTV.FR

Créé à Paris en 1626 en tant que Jardin royal des plantes médicinales, le Muséum national d’Histoire naturelle est devenu un grand centre scientifique dédié à la nature. Une programmation haute en couleurs, mêlant expositions, visites et rencontres. Par Fanny Perrin d’Arloz 

Quatre siècles d’exploration et de découvertes du monde vivant. Ce printemps, le Muséum national d’Histoire naturelle a lancé un an de festivités pour célébrer ses 400 ans d’existence. L’institution déploie un vaste programme pour honorer l’Histoire naturelle et la rendre accessible au plus grand nombre. Sa création remonte à Louis XIII qui, sous l’impulsion de ses médecins, créait un Jardin royal des plantes médicinales par un édit du 6 janvier 1626. « En constituant ce Jardin royal, Louis XIII a voulu manifester son pouvoir vis-à-vis de l’Université de Paris qui dispensait un enseignement sur les plantes et la médecine uniquement en latin. Il a ainsi fondé un lieu d’enseignement et de recherche donnant des cours en français, servant sa gloire et symbolisant l’importance accordée par la monarchie à la médecine, et plus globalement, à la science », raconte Alice Lemaire, directrice des bibliothèques et de la documentation au Muséum national d’Histoire naturelle. Installé dans les faubourgs de Paris en 1640, l’endroit forme à la botanique, à l’anatomie humaine et à la chimie, les médecins et apothicaires en devenir.

Au fil des années et des siècles, il voit son périmètre d’exploration et d’intervention s’étendre, s’appuyant sur des experts de renom, et reliant l’art et les sciences ; jusqu’à proposer l’étude et la compréhension du monde contemporain et de ses enjeux. À l’heure actuelle, ce centre scientifique de pointe ne regroupe pas moins de 12 sites ouverts au public et à la recherche : jardins botaniques, stations marines, sites de fouilles, réserves zoologiques… En 2025, le Muséum accueillait près de 3,6 millions de visiteurs, et produisait pas moins de 1.500 publications scientifiques ! Il pilote des projets de recherche d’envergure comme « Dive-Sea », consacré à l’exploration des grands fonds marins et à l’étude de la biodiversité profonde pour mieux comprendre les spécificités de ces écosystèmes encore peu connus, également menacés par la pollution, l’exploitation minière sous-marine et le réchauffement climatique. 


Un haut lieu parisien

Dès son ouverture, le Jardin royal des plantes médicinales a su s’attirer les foules. « Des peintures, des gravures et quelques mentions dans la littérature démontrent qu’il est vite devenu un haut lieu de la vie parisienne ». Le Jardin abrite des plantes « utilisées pour leurs vertus médicinales ou réputées comme telles », et des plantes ornementales de l’époque, comme les tulipes, les anémones, le jasmin, la jacinthe, le narcisse, la pivoine ou encore l’iris. Sa bibliothèque met à disposition des ouvrages utiles pour les travaux de recherches ainsi que des instruments d’observation et d’expérimentation. Parmi les professeurs du Jardin, on peut notamment citer le chimiste et apothicaire Guillaume-François Rouelle qui a pu compter parmi ses célèbres élèves Denis Diderot, Anne-Robert-Jacques Turgot, Chrétien-Guillaume de Malesherbes ou encore Jean-Jacques Rousseau ou encore Antoine Lavoisier. Le comte de Buffon, naturaliste et scientifique, contribue lui aussi au développement du Jardin royal. À sa tête pendant près de cinquante ans, il en double presque sa superficie, et enrichit les collections, en faisant rentrer des objets et des spécimens venus d’horizons très divers. 

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